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Les marchés financiers devant les élections américaines - SFL

Les marchés financiers devant les élections américaines

Dans quelques jours, les citoyens américains éliront leur prochain président. Quelle influence un tel événement peut-il avoir sur les marchés boursiers ? Voici ce que nous enseigne l’histoire à ce sujet.

26 octobre 2020

Plusieurs enjeux sont sur la table à la veille des élections du 3 novembre aux États-Unis. Et l’un d’entre eux pourrait bien être le comportement de la Bourse, comportement qui pourrait avoir un effet jusque dans les portefeuilles de placement de millions d’épargnants. Dans cet article : quelques éléments de réflexion sur ce sujet, à partir de ce qui a pu être observé lors des élections passées.

Question 1
​Que disent les élections sur les marchés?

Comme on peut le voir dans le graphique suivant, au cours d’une année électorale, les marchés financiers auraient tendance à se comporter plus favorablement lorsque le président en place est réélu que lorsqu’un nouveau président est élu. Cette tendance semble sans égard aux partis politiques et refléterait une préférence des marchés pour le « connu », plutôt que pour l’inconnu. Cependant, il peut être important de rappeler que le contexte socio-sanitaire que nous traversons est inédit à plusieurs points de vue et qu’il pourrait avoir une incidence sur le rendement des marchés, quel que soit le résultat des élections.

 

 

À titre indicatif, le rendement annuel moyen de la Bourse au cours de l’année suivant les élections – 9,9 % – serait légèrement inférieur à celui obtenu lors de l’année des élections elles-mêmes – 11,3 %. Autre détail : dans les quatre mois suivant les élections, les marchés auraient offert des rendements moyens supérieurs sous un président républicain, mais cette tendance se renverserait complètement au cours des mois suivants : les présidents démocrates, en effet, dépasseraient les présidents républicains par au moins 7 % sur l’ensemble de la première année. Enfin, notons que c’est sous des présidents démocrates, Clinton et Obama, que la Bourse aurait offert ses meilleurs rendements au cours des 40 dernières années.

 

Question 2
Que disent les marchés sur les élections à venir?

Si on retourne la lunette, peut-on essayer d’anticiper le résultat des élections à partir du comportement actuel des marchés ? Certains analystes se sont aventurés à le faire en étudiant les élections passées en fonction du rendement de l’indice S&P 500 dans les trois mois précédents. Conclusion : depuis 1928, à l’exception de trois élections seulement, le parti au pouvoir a été réélu lorsque l’indice offrait un rendement positif, et battu lorsque l’indice offrait un rendement négatif. Pour référence, au moment où ces lignes sont écrites, le S&P 500 offrait un rendement légèrement positif pour les trois derniers mois.

 

Question 3
Les marchés préfèrent-ils un président démocrate ou un président républicain?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire en étudiant les discours et les plateformes électorales, ce sont sous les présidences démocrates que les marchés boursiers auraient enregistré leurs meilleurs rendements. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le rendement annuel moyen de l’indice S&P 500 serait plus de 4 % plus élevé sous un président démocrate que sous un président républicain. Cependant, il convient de noter qu’à plus court terme, à la fin du premier mandat, le rendement de la Bourse serait virtuellement le même, en moyenne, sous un président démocrate et sous un président républicain.

 

 

Cela dit, il pourrait être très téméraire d’essayer de « synchroniser » ses décisions d’investissement en fonction du président en place. Comme l’illustre le graphique suivant, au cours du XXe siècle, il aurait beaucoup mieux valu être investi en tout temps.

 

Question 4
Qu’en est-il de la division des pouvoirs?

Plusieurs facteurs autres que le président en place pourraient évidemment expliquer le comportement des marchés. L’un de ceux auxquels on pense le moins est la composition des deux composantes du Congrès américain : la Chambre des représentants et le Sénat. À ce chapitre les marchés semblent clairs : ils préfèrent que le pouvoir législatif du Congrès ne soit pas entièrement entre les mains du même parti que le pouvoir exécutif du président, ce qui évite l’adoption de mesures trop radicales.

Comme on peut le voir ici, sous un président démocrate, les meilleurs rendements auraient été obtenus lorsque le Congrès était républicain – et sous un président républicain, lorsque le Congrès était divisé. Cela pourrait donc inciter à porter une attention particulière au volet sénatorial des élections du 3 novembre.

 

 

En conclusion, que faut-il attendre des marchés à partir d’aujourd’hui ? La réponse pourrait être davantage dans 12 mois – et même 48 – que le 3 novembre.